Hackcognitif

S'appuyer sur ce qui existe.

Ce site ne refait pas les catalogues existants. Il les relie aux mécanismes cognitifs et aux contre-mesures.

DIMA

Cadre open source (licence Apache-2.0) qui recense les tentatives d'exploiter les biais cognitifs dans les flux d'information. Il s'organise en quatre phases (Detect, Inform, Memorise, Act), en tactiques puis en techniques, et propose un navigateur pour rédiger des rapports de campagne.

Ouvrir le navigateur DIMA, ou consulter le dépôt GitHub. Les identifiants et les intitulés des techniques repris sur ce site viennent de DIMA (M82 Project), distribué sous licence Apache 2.0 ; certains intitulés sont abrégés.

Apport de Hack cognitif : rattacher chaque levier et chaque fiche aux techniques DIMA correspondantes. Première version ci-dessous, reprise sur la carte. Ces rapprochements sont des propositions d'analyse, pas une position de DIMA, et restent ouverts à la discussion.

Pour vous protéger, ou protéger les personnes que vous accompagnez : choisissez un trouble ou une situation pour voir où redoubler de vigilance et ce qui protège, une protection pour voir où elle sert, ou une technique DIMA pour voir les leviers qu'elle exploite. Cliquer une technique dans le tableau la sélectionne aussi.

47 leviers et fiches

Levier ou ficheTechniques DIMARemarquePlus sensiblesCe qui protège
Levier : Autorité
TE0422 Biais d'autorité
Correspondance directe.
  • Trouble de la personnalité dépendante hypothèse
    Besoin d'être guidé, difficulté à décider sans avis d'autrui.
  • Troubles neurocognitifs documenté
    Le déclin cognitif accroît le risque de fraude financière, quel que soit le levier.
  • Nouveaux arrivants et intérimaires plausible
    Connaissent mal les procédures et hésitent à vérifier une demande venue d'en haut.
  • Salariés d'organisations très hiérarchiques plausible
    Contester un supérieur y coûte cher : l'obéissance l'emporte sur la vérification (Milgram, 1963).
  • Personnes explicitement autorisées à refuser et à rappeler plausible
    Le droit écrit de vérifier, même un dirigeant, retire au titre son pouvoir d'exemption.
  • Fort besoin de cognition plausible
    Ces personnes s'appuient davantage sur les arguments que sur le statut de l'émetteur (modèle de la probabilité d'élaboration).
Levier : Urgence
TE0424 Biais de raretéTE0414 FOMO
Rapprochement partiel : DIMA ne décrit pas l'urgence comme telle. Rareté et peur de rater l'occasion s'en approchent.
  • TDAH plausible
    Impulsivité, difficulté à différer une réponse.
  • Épisode maniaque ou hypomaniaque (trouble bipolaire) plausible
    Décisions rapides, prise de risque financière.
  • Trouble anxieux généralisé plausible
    L'échéance amplifie l'anxiété et réduit la vérification.
  • Jeu pathologique et addictions comportementales hypothèse
    Sensibilité à la rareté et au gain immédiat.
  • Personnes en surcharge ou sous pression réelle documenté
    La pression temporelle et la charge de travail augmentent les clics sur les messages piégés.
  • Personnes qui appliquent un délai de vérification plausible
    Une règle simple (aucun paiement urgent sans contre-appel) neutralise l'échéance imposée par l'attaquant.
Levier : Familiarité
TE0231 Biais d'homogénéitéTE0332 Effet de simple exposition
Homogénéité perçue et exposition répétée au même interlocuteur ou au même vocabulaire.
  • Troubles neurocognitifs documenté
    La sensation de familiarité peut subsister quand le rappel précis s'efface.
  • Isolement social marqué (facteur de risque, pas un trouble) plausible
    Le besoin de lien peut abaisser la méfiance envers un interlocuteur qui paraît proche.
  • Échanges réguliers sur un même canal plausible
    Messagerie ou réseau social familiers : la répétition crée une confiance que personne ne revérifie.
  • Personnes qui vérifient l'identité hors canal, même pour un proche plausible
    La familiarité ressentie ne sert plus de preuve : seul compte le second canal.
Levier : Réciprocité
TE0426 Biais de réciprocitéTE0425 Pied dans la porte
Un service rendu prépare une demande plus importante.
  • Trouble de la personnalité dépendante hypothèse
    Difficulté à refuser, besoin de maintenir le lien.
  • Trouble d'anxiété sociale plausible
    Peur du conflit et du refus.
  • Métiers d'accueil, d'assistance et de support plausible
    La norme professionnelle d'obligeance rend le refus coûteux.
  • Personnes qui ont une règle claire sur les faveurs et les cadeaux plausible
    Une règle connue d'avance permet de refuser sans se sentir redevable.
Levier : Preuve sociale
TE0423 Preuve sociale artificielleTE0251 Effet de faux consensus
Côté pouvoir, comptes coordonnés ; côté organisations, « tout le monde le fait ».
  • Trouble d'anxiété sociale plausible
    Forte sensibilité au regard d'autrui et à l'appartenance.
  • Dépression hypothèse
    Recours accru à des repères externes quand la confiance en son jugement baisse.
  • Situations nouvelles ou ambiguës documenté
    L'incertitude renforce la tendance à suivre ce que font les autres (Cialdini).
  • Personnes formées par inoculation (prebunking) plausible
    Avoir vu les techniques de manipulation en version affaiblie, dont les faux consensus, réduit leur effet ; gains modestes qui s'érodent (Roozenbeek et van der Linden, 2019).
Usurpation de voix et d'image
TE0422 Biais d'autoritéTE0312 Biais de confusion de source
L'usurpation exploite l'autorité apparente et la confusion sur la source réelle.
  • Prosopagnosie hypothèse
    Difficulté à reconnaître les visages, donc moins de repères d'identité. Les contenus synthétiques sont difficiles à détecter pour tout le monde.
  • Troubles neurocognitifs documenté
    Risque accru de fraude financière chez les personnes âgées touchées.
  • Tout le monde face aux contenus synthétiques documenté
    La détection humaine des voix et vidéos synthétiques est peu fiable : l'oreille et l'œil ne suffisent plus.
  • Équipes qui ont convenu d'un code ou d'une question de contrôle plausible
    Le contrôle ne dépend plus de la ressemblance mais d'une information partagée à l'avance.
Hameçonnage ciblé de responsables
TE0422 Biais d'autoritéTE0424 Biais de raretéTE0231 Biais d'homogénéité
Combine autorité, pression et familiarité.
  • TDAH plausible
    Distractibilité, clic impulsif.
  • Troubles neurocognitifs documenté
    Risque accru de fraude financière.
  • Épuisement professionnel (état de surcharge, pas un trouble) plausible
    Baisse de vigilance sous surcharge chronique.
  • Usage très habituel et rapide de la messagerie plausible
    Les gestes automatiques laissent moins de place à la vérification (voir la fiche Contrôle exécutif).
  • Personnes équipées d'une clé de sécurité physique plausible
    Le site piégé ne peut pas récupérer d'identifiants réutilisables : le clic ne suffit plus.
  • Personnes entraînées par simulations hypothèse
    Effet nul ou très faible en entreprise (Lain et coll., 2022 ; Ho et coll., 2025) ; l'intérêt d'un entraînement répété et débriefé reste à démontrer.
Pretexting et canulars
TE0422 Biais d'autoritéTE0426 Biais de réciprocitéTE0425 Pied dans la porte
Prétexte crédible, puis demande qui monte en intensité.
  • Trouble d'anxiété sociale hypothèse
    Difficulté à interrompre ou contredire un interlocuteur qui paraît légitime.
  • Trouble de la personnalité dépendante hypothèse
    Tendance à répondre aux demandes pour préserver la relation.
  • Accueil, standard, assistance informatique plausible
    Leur rôle est d'aider vite : ce sont les premiers interlocuteurs visés par un prétexte.
  • Personnes qui suivent une procédure de vérification d'identité plausible
    Rappeler sur un numéro connu avant de répondre coupe court au scénario, si crédible soit-il.
Cadrage et agenda
TE0142 Biais d'ancrageTE0143 Effet de contrasteTE0111 Heuristique de disponibilité
Choix de l'angle et des sujets mis en avant.
  • Troubles anxieux plausible
    Sensibilité accrue aux cadrages centrés sur la menace.
  • Faible numératie documenté
    Les personnes moins à l'aise avec les nombres sont plus influencées par la façon de présenter un chiffre (Peters et coll., 2006).
  • Bonne numératie documenté
    Moindre sensibilité aux effets de cadrage des chiffres (Peters et coll., 2006).
  • Trouble du spectre de l'autisme plausible
    Moindre effet de cadrage en moyenne, mesuré en laboratoire sur de petits effectifs (De Martino et coll., 2008), et choix un peu moins déplacés par une option leurre (Farmer et coll., 2017). Cela ne protège pas des escroqueries : les adultes autistes déclarent plus souvent avoir été poussés ou trompés pour donner de l'argent (Griffiths et coll., 2019).
Inondation informationnelle
TE0433 Saturation informationnelleTE0121 Illusion de la fréquence
Volume et répétition qui saturent la capacité de tri.
  • TDAH plausible
    Difficulté à trier un flux dense et rapide.
  • Troubles anxieux plausible
    Hypervigilance et épuisement face à un flux continu.
  • Épuisement informationnel (état de surcharge, pas un trouble) plausible
    Baisse de la capacité de tri et de vérification.
  • Information reçue surtout par des fils algorithmiques plausible
    Le flux impose son rythme et son tri : moins de temps pour vérifier.
  • Personnes qui pratiquent la lecture latérale documenté
    Vérifier la source ailleurs avant de lire, comme les vérificateurs professionnels (Wineburg et McGrew, 2019).
Proximité et relation parasociale
TE0332 Effet de simple expositionTE0231 Biais d'homogénéitéTE0422 Biais d'autorité
Familiarité construite par l'exposition répétée et la personnalisation.
  • Isolement social marqué (facteur de risque, pas un trouble) plausible
    Le besoin de lien renforce l'attachement à une figure médiatique.
  • Troubles psychotiques (idées de référence) documenté
    Impression que des messages médiatiques s'adressent personnellement à soi.
  • Forte consommation d'un même créateur ou média plausible
    L'exposition quotidienne renforce le sentiment de connaître la personne.
  • Personnes avec un réseau social hors ligne solide hypothèse
    Le besoin de lien est comblé ailleurs ; à tester.
Désignation d'un adversaire
TE0241 Biais de la somme nulleTE0222 Biais de confirmationTE0251 Effet de faux consensus
Cadre nous contre eux et confirmation des croyances existantes.
  • Traits de personnalité paranoïaque plausible
    Tendance à attribuer des intentions hostiles à autrui.
  • Troubles anxieux hypothèse
    Recherche d'un responsable pour réduire l'incertitude.
  • Forte identité partisane documenté
    Le raisonnement motivé accepte plus facilement ce qui accuse l'autre camp (Van Bavel et Pereira, 2018).
  • Périodes de crise et de menace collective plausible
    L'incertitude favorise la recherche d'un responsable.
  • Humilité intellectuelle élevée plausible
    Associée à une moindre adhésion aux informations fausses et aux récits de bouc émissaire.
  • Contacts réels et réguliers avec l'autre camp plausible
    Hypothèse du contact : connaître des personnes réduit la caricature.
Détournement de la saillance
TE0111 Heuristique de disponibilitéTE0131 Effet de bizarrerieTE0132 Biais de négativitéTE0141 Effet von Restorff
Phase Detect de DIMA : ce qui attire l'attention.
  • Schizophrénie et spectre psychotique documenté
    Hypothèse de la saillance aberrante (Kapur, 2003) : des stimuli neutres prennent une importance excessive.
  • Trouble de stress post-traumatique documenté
    Biais attentionnel vers la menace.
  • Troubles anxieux documenté
    Biais attentionnel vers la menace.
  • TDAH plausible
    Attention captée par la nouveauté.
  • Défilement rapide d'un fil d'actualité plausible
    Peu de temps par élément : ce qui est bizarre ou menaçant l'emporte.
  • Aucun profil protégé : la nouveauté et la menace captent l'attention de tous. Seule une pause avant d'agir ou de relayer aide.
Capture de la délégation décisionnelle
TE0432 Biais du statu quo
Le biais d'automatisation n'apparaît pas comme technique dédiée : lacune possible à signaler au projet.
  • Syndrome dysexécutif (lésions frontales, TDAH) plausible
    Planification et inhibition altérées, recours accru à des aides externes.
  • Dépression (apathie, perte d'initiative) plausible
    Moindre investissement dans la décision.
  • Troubles neurocognitifs plausible
    Dépendance accrue à des aides à la décision.
  • Personnes en surcharge qui s'appuient sur une aide automatique documenté
    Le biais d'automatisation augmente avec la charge, chez les novices comme chez les experts (Parasuraman et Manzey, 2010).
  • Personnes qui ont déjà vu l'outil se tromper documenté
    Avoir vécu des erreurs de l'automate réduit la complaisance envers lui (Bahner et coll., 2008).
Psychophysique et analyse des signaux
TE0152 Loi de Weber-Fechner
Seuils de perception des différences.
  • Comparaisons rapides, sans valeur de référence plausible
    On perçoit les écarts relatifs : une petite différence sur un grand montant passe inaperçue.
  • Personnes qui fixent à l'avance un seuil en valeur absolue plausible
    Comparer à un chiffre décidé d'avance contourne la perception relative.
Reconnaissance des visages et familiarité
TE0332 Effet de simple expositionTE0422 Biais d'autoritéTE0312 Biais de confusion de source
Familiarité apparente et autorité d'un visage connu, avec confusion sur la source réelle.
  • Prosopagnosie (agnosie des visages) documenté
    Les visages familiers ne sont plus reconnus : la personne s'appuie sur la voix, la démarche, le contexte. Un canal de vérification visuel est inopérant, la voix devient critique.
  • Tout le monde face à un visage connu ou synthétique documenté
    Un visage familier déclenche la confiance avant la vérification ; les visages synthétiques sont jugés aussi crédibles que les vrais (Nightingale et Farid, 2022).
  • Super-reconnaisseurs plausible
    Reconnaissance des visages exceptionnelle (Russell et coll., 2009) ; leur avantage face aux visages synthétiques n'est pas établi.
Mémoire de travail et charge cognitive
TE0433 Saturation informationnelleTE0424 Biais de rareté
Saturation de la capacité de tri et pression temporelle, rapprochement partiel.
  • TDAH documenté
    Déficits de mémoire de travail fréquents : une demande qui empile consignes et urgence sature plus vite la capacité de tri.
  • Schizophrénie documenté
    Le déficit de mémoire de travail est l'un des plus constants de la maladie.
  • Troubles neurocognitifs (dont maladie d'Alzheimer) documenté
    Capacité et contrôle attentionnel réduits tôt : les procédures doivent rester courtes et écrites.
  • Dépression plausible
    Les ruminations occupent une part de la mémoire de travail disponible.
  • Multitâche et interruptions fréquentes documenté
    Chaque interruption consomme la mémoire de travail et augmente les erreurs.
  • Personnes qui s'appuient sur des listes et procédures écrites plausible
    Ce qui est écrit n'a pas à tenir en mémoire de travail.
Mémoire de source et faux souvenirs
TE0312 Biais de confusion de sourceTE0121 Illusion de la fréquenceTE0332 Effet de simple exposition
Confusion de source, illusion de fréquence et exposition répétée.
  • Amnésie et troubles de la mémoire de source (atteinte frontale) documenté
    Confabulation et confusion sur l'origine des souvenirs.
  • Vieillissement normal documenté
    La mémoire de la source décline plus que celle du contenu : on retient l'information, pas d'où elle vient.
  • Aucun profil protégé : l'effet de vérité illusoire touche aussi les personnes qui connaissent la bonne réponse (Fazio et coll., 2015).
  • Personnes qui notent la source au moment de lire plausible
    Encoder la source tout de suite limite les confusions ultérieures.
Attention sélective, divisée et cécité attentionnelle
TE0111 Heuristique de disponibilitéTE0131 Effet de bizarrerieTE0141 Effet von RestorffTE0433 Saturation informationnelle
Ce qui attire l'attention et ce qui la sature. La cécité attentionnelle n'a pas de technique dédiée.
  • TDAH plausible
    Distractibilité et difficulté à maintenir l'attention sur une tâche de veille.
  • Charge attentionnelle élevée documenté
    Plus la tâche principale est exigeante, plus l'inattendu passe inaperçu.
  • Aucun profil fiable : même des radiologues experts manquent un élément inattendu dans une image (Drew et coll., 2013).
Contrôle exécutif : habitude contre supervision
TE0432 Biais du statu quoTE0424 Biais de rareté
Statu quo et pression ; les automatismes d'action n'ont pas de technique dédiée.
  • Syndrome dysexécutif (atteinte frontale) documenté
    Erreurs d'action automatiques, difficulté de planification.
  • TDAH plausible
    Difficulté à inhiber une réponse habituelle.
  • Gestes très routiniers (valider, signer, cliquer) documenté
    Plus une action est automatique, plus une erreur d'action passe sans contrôle (Reason, 1990).
  • Fatigue et manque de sommeil documenté
    Les fonctions exécutives sont parmi les premières touchées.
  • Personnes travaillant avec une étape d'arrêt imposée plausible
    Double validation ou temps d'attente rendent la main au contrôle délibéré.
Méconnaissance de sa propre vulnérabilité
TE0222 Biais de confirmation
Rapprochement faible (biais de confirmation) : l'excès de confiance est une lacune possible à signaler.
  • Personnes qui se jugent peu vulnérables plausible
    L'excès de confiance dans sa capacité à repérer un piège va de pair avec de moins bonnes performances.
  • Experts et dirigeants hypothèse
    Une compétence réelle dans un domaine peut nourrir une confiance qui ne s'étend pas à la détection des tromperies.
  • Personnes déjà confrontées à une tentative, puis débriefées plausible
    L'expérience vécue et expliquée corrige l'illusion d'invulnérabilité.
Langage et pragmatique
TE0142 Biais d'ancrageTE0143 Effet de contraste
L'implicite fonctionne comme un cadre ou une ancre ; rapprochement partiel.
  • Lecture rapide et superficielle documenté
    Les présupposés passent sans examen : c'est l'illusion de Moïse, où l'on répond sans remarquer l'erreur glissée dans la question.
  • Trouble du spectre de l'autisme hypothèse
    Par analogie seulement : l'implicite agit comme un cadre, et l'effet de cadrage est en moyenne réduit chez de petits groupes d'adultes autistes (De Martino et coll., 2008). Aucune étude citée ne teste la compréhension de l'implicite. Cela ne protège pas des escroqueries (Griffiths et coll., 2019). Pour tous : reformuler les implicites en énoncés explicites, la contre-mesure de cette fiche.
Réseaux de la saillance et du contrôle
TE0111 Heuristique de disponibilitéTE0132 Biais de négativitéTE0131 Effet de bizarrerie
Substrat neural de la phase Detect : explication, pas technique.
  • Démence fronto-temporale (variant comportemental) documenté
    Le réseau de la saillance est atteint tôt (travaux de Seeley) : ce qui devrait alerter ne capte plus l'attention.
  • Troubles du spectre psychotique plausible
    Fonctionnement altéré du réseau de la saillance décrit en imagerie (modèle du triple réseau de Menon).
  • Troubles anxieux plausible
    Biais attentionnel vers la menace bien établi ; le rôle du réseau de la saillance reste discuté.
  • Dépression plausible
    Biais attentionnel vers l'information négative : les messages de menace captent davantage.
  • Aucun profil protégé établi : la saillance capte l'attention de tous. Une routine de vérification décide à sa place.
Déclin cognitif et vulnérabilité à la fraude
TE0422 Biais d'autoritéTE0424 Biais de rareté
Autorité et pression exploitant une vulnérabilité de contrôle.
  • Troubles neurocognitifs documenté
    Le déclin cognitif accroît le risque de fraude financière, quel que soit le levier.
  • Atteintes frontales (lésion, démence fronto-temporale) plausible
    Altération du jugement, de l'inhibition et du contrôle de l'impulsion.
  • Isolement social, deuil récent documenté
    Chez les personnes âgées, l'isolement et la dépression prédisent la victimisation par la fraude (Lichtenberg et coll., 2013).
  • Personnes âgées entourées, avec un tiers de confiance plausible
    Un proche consulté avant toute décision financière inhabituelle sert de second canal.
  • Bonne littératie financière plausible
    Associée à une moindre réceptivité aux escroqueries chez les personnes âgées (James et coll., 2014).
Décision, émotion et cortex préfrontal ventromédian
TE0132 Biais de négativitéTE0414 FOMOTE0424 Biais de rareté
Peur, négativité et pression temporelle.
  • Lésions préfrontales ventromédianes documenté
    Décisions de la vie réelle altérées malgré des tests cognitifs conservés (travaux de Damasio). La marque ne change plus la préférence dans un test de goût (Koenigs et Tranel, 2008, une seule étude), mais la publicité trompeuse convainc davantage (Asp et coll., 2012) : être moins sensible à un biais ne rend pas moins vulnérable.
  • Troubles anxieux plausible
    La peur amplifie la décision centrée sur la menace.
  • Forte émotion au moment de décider documenté
    La peur et la colère orientent le jugement du risque (Lerner et Keltner, 2001).
  • Personnes qui diffèrent toute décision prise sous le coup de l'émotion plausible
    Reporter de quelques heures laisse retomber l'émotion qui fait agir.
Théorie de l'esprit et lecture des intentions
TE0422 Biais d'autoritéTE0426 Biais de réciprocité
Prétexte crédible et réciprocité ; rapprochement partiel.
  • Schizophrénie documenté
    Déficits de théorie de l'esprit établis par méta-analyse (Sprong et coll., 2007).
  • Démence fronto-temporale (variant comportemental) documenté
    Atteinte précoce de la cognition sociale : une intention trompeuse est plus difficile à repérer.
  • Vieillissement plausible
    Une baisse de la détection du mensonge est rapportée chez les adultes âgés (Ruffman et coll., 2012).
  • Trouble du spectre de l'autisme plausible
    Les adultes autistes déclarent plus souvent avoir été trompés ou poussés à donner de l'argent (48 % contre 20 %, enquête par autodéclaration, Griffiths et coll., 2019). Le mécanisme n'est pas établi : l'enquête ne mesure pas la lecture des intentions, et l'hypothèse de la double empathie (Milton, 2012) rappelle que la difficulté de compréhension est réciproque.
  • Personnes formées au prétexte par des exercices débriefés plausible
    Connaître les scénarios types aide à repérer une intention qui ne colle pas au rôle affiché.
Saillance aberrante et traitement des signaux ambigus
TE0131 Effet de bizarrerieTE0111 Heuristique de disponibilité
Bizarrerie et disponibilité ; la saillance aberrante est un concept clinique, sans technique dédiée.
  • Troubles du spectre psychotique documenté
    Hypothèse de la saillance aberrante (Kapur). À ne pas généraliser aux personnes.
  • Privation de sommeil et stress intense plausible
    Des expériences de type psychotique transitoires apparaissent aussi chez des personnes sans trouble.
  • Aucun profil protégé identifié.
Apprentissage, oubli et durée de vie d'un patch
Fiche défensive : aucune technique DIMA, relève de la durabilité des contre-mesures.
  • Syndromes amnésiques (lésion hippocampique, syndrome de Korsakoff) documenté
    Les consignes nouvelles ne se consolident pas, mais l'apprentissage procédural est souvent préservé : une routine répétée tient là où une formation s'oublie.
  • Maladie d'Alzheimer documenté
    Oubli accéléré des informations récentes : préférer les aides externes, les rappels fréquents et l'apprentissage sans erreur à une formation ponctuelle.
  • Dépression plausible
    Encodage des informations nouvelles moins efficace : les rappels espacés comptent davantage.
  • Personnes entraînées par rappels espacés documenté
    L'effet d'espacement allonge la durée de vie d'un patch d'entraînement.
  • Routines pratiquées régulièrement plausible
    Une procédure répétée s'oublie moins qu'une consigne apprise une fois.
Stress, émotion et contrôle exécutif
TE0424 Biais de raretéTE0132 Biais de négativité
Pression temporelle et négativité.
  • État de stress post-traumatique documenté
    Altérations de la mémoire, de la vigilance et du contrôle des émotions.
  • Stress aigu au moment de la demande documenté
    Le stress affaiblit le contrôle exécutif et pousse vers les réponses habituelles (Schwabe et Wolf, 2009).
  • Personnes entraînées sous stress simulé plausible
    Répéter la procédure en exercice réaliste la rend disponible sous pression.
Psychométrie : fiabilité et validité d'un exercice
Fiche méthodologique : aucune technique DIMA.
  • Troubles neurocognitifs documenté
    Effets plancher et fatigue : un exercice conçu pour la population générale mesure mal, et un score individuel ne doit pas être interprété.
  • Troubles anxieux (anxiété d'évaluation) documenté
    L'anxiété de test abaisse les performances : un score bas peut refléter le stress de la mesure plus que la vigilance.
  • Troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie) plausible
    Un exercice écrit et chronométré mesure aussi la vitesse de lecture : prévoir des adaptations pour ne pas fausser le résultat.
  • Participants informés, sans enjeu individuel plausible
    Sans note individuelle, l'anxiété d'évaluation pèse moins et le score reflète mieux la vigilance.
Perception visuelle : voir est une reconstruction
TE0142 Biais d'ancrageTE0143 Effet de contrasteTE0152 Loi de Weber-Fechner
Ancrage, contraste et seuils de perception des différences.
  • Lecture rapide d'images et de graphiques plausible
    Ancrage et contraste visuels jouent davantage quand l'examen est bref, sur petit écran ou sous pression.
  • Faible aisance avec les graphiques documenté
    La littératie graphique prédit la lecture correcte d'un graphique (Galesic et Garcia-Retamero, 2011).
  • Personnes qui lisent les valeurs et les échelles des axes plausible
    Revenir aux chiffres neutralise une partie des effets de contraste et d'échelle.
Récompense et renforcement variable
TE0131 Effet de bizarrerieTE0332 Effet de simple expositionTE0414 FOMO
Nouveauté, exposition répétée et peur de rater ; rapprochement partiel.
  • Addictions comportementales plausible
    Usage excessif de produits numériques ; classification et seuils discutés.
  • TDAH plausible
    Sensibilité à la nouveauté et difficulté à différer une récompense.
  • Adolescence et début de l'âge adulte documenté
    La sensibilité à la récompense culmine à cet âge (Steinberg, 2008).
  • Personnes qui regroupent ou coupent les notifications plausible
    Moins de sollicitations imprévisibles, donc moins de renforcement variable.
Effet spectateur et diffusion de responsabilité
TE0431 Biais d'omissionTE0432 Biais du statu quo
Omission et statu quo : ne rien faire paraît sans risque. Rapprochement partiel, l'effet spectateur n'a pas de technique dédiée.
  • Destinataires d'un message collectif plausible
    Une demande envoyée à plusieurs destinataires reçoit moins de réponses qu'une demande personnelle (Barron et Yechiam, 2002, une seule étude).
  • Équipes sans responsable nommé plausible
    Quand personne n'est désigné, chacun attend qu'un autre agisse.
  • Situations ambiguës documenté
    L'effet est plus fort quand le danger n'est pas évident, ce qui est le cas d'un message bien imité (Fischer et coll., 2011).
  • Personnes nommément désignées plausible
    Être appelé par son nom accélère nettement l'aide dans un salon de discussion (Markey, 2000, une seule étude).
  • Équipes où signaler est simple et remercié plausible
    Un signalement en un clic, sans reproche, abaisse le coût d'agir.
Normes sociales
TE0423 Preuve sociale artificielleTE0251 Effet de faux consensus
Les attaquants fabriquent des normes perçues : preuve sociale artificielle et faux consensus.
  • Personnes nouvelles dans un groupe plausible
    Elles s'appuient davantage sur ce que font les autres pour savoir ce qui est attendu.
  • Situations incertaines documenté
    La norme descriptive guide d'autant plus que la situation est floue (Cialdini et coll., 1990).
  • Personnes qui connaissent la norme réelle plausible
    Savoir que la majorité signale corrige l'impression que personne ne le fait.
  • Trouble du spectre de l'autisme hypothèse
    Dans une tâche de dons, être observé changeait moins la générosité de 10 adultes autistes que celle de 11 témoins (Izuma et coll., 2011). L'étude ne teste pas la norme descriptive, et beaucoup d'adultes autistes décrivent au contraire un effort important pour se conformer, le camouflage social (Hull et coll., 2017). Cela ne protège pas des escroqueries (Griffiths et coll., 2019). Pour tous : connaître la norme réelle, ci-dessus.
Obéissance et conformité
TE0422 Biais d'autoritéTE0423 Preuve sociale artificielle
Autorité et pression du nombre.
  • Personne seule face à un groupe unanime documenté
    La conformité est la plus forte quand personne d'autre ne s'oppose (Asch, 1956).
  • Hiérarchies où contester coûte cher plausible
    Le risque perçu d'un désaccord pousse à exécuter plutôt qu'à vérifier.
  • Personnes qui ont un allié qui refuse documenté
    Un seul désaccord dans le groupe fait fortement chuter la conformité (Asch, 1956).
  • Organisations où le refus motivé est explicitement permis plausible
    Un droit écrit de suspendre une opération rend le refus légitime.
Identité sociale et biais entre groupes
TE0231 Biais d'homogénéitéTE0241 Biais de la somme nulle
Homogénéité prêtée à l'autre groupe et opposition à somme nulle.
  • Forte identification à un groupe qui se sent menacé plausible
    La menace renforce la défense du groupe et la méfiance envers l'extérieur.
  • Destinataires d'un message qui se réclame du même groupe plausible
    « Entre collègues », « entre nous » : l'appartenance commune baisse la vigilance.
  • Personnes en contact régulier avec l'autre groupe documenté
    Le contact entre groupes réduit les préjugés (Pettigrew et Tropp, 2006).
  • Groupes qui partagent une identité plus large plausible
    Rappeler ce qui unit atténue l'opposition entre « eux » et « nous ».
Engagement et cohérence
TE0425 Pied dans la porteTE0421 Biais des coûts irrécupérables
Pied dans la porte et coûts irrécupérables.
  • Personnes déjà engagées dans un échange documenté
    Une première réponse rend la suivante plus probable, avec un effet modeste (Burger, 1999).
  • Fort besoin de cohérence avec soi plausible
    Revenir sur un accord est vécu comme une incohérence coûteuse.
  • Personnes qui réévaluent chaque demande séparément plausible
    Juger la nouvelle demande comme si elle arrivait seule coupe l'escalade.
  • Procédures avec des seuils de validation plausible
    Au-delà d'un montant ou d'un niveau d'accès, la demande repasse par un second regard, quel que soit l'historique.
Réactance
Aucune technique DIMA : la réactance concerne surtout la conception des défenses, qui peuvent la provoquer.
  • Personnes très attachées à leur autonomie plausible
    La réactance varie selon les personnes : certaines vivent plus vite une consigne comme une contrainte.
  • Équipes soumises à des règles nombreuses et sans explication plausible
    La fatigue sécuritaire mène à l'évitement et au contournement (Stanton et coll., 2016).
  • Personnes associées à la conception des règles plausible
    Une règle comprise et discutée est vécue comme un choix, pas comme une contrainte.
Inoculation (prébunking)
Contre-mesure transversale : aucune technique DIMA, elle prépare à en reconnaître plusieurs.
  • Personnes jamais exposées aux techniques plausible
    Sans exemple préalable, une technique de manipulation est plus difficile à reconnaître.
  • Formation ancienne, sans rappel documenté
    L'effet protecteur s'estompe en quelques semaines ou mois sans rappel (Maertens et coll., 2021).
  • Personnes récemment formées par prébunking documenté
    Voir une technique en version affaiblie améliore sa détection (Roozenbeek et coll., 2022).
Après l'escroquerie : victimes et revictimisation
Fiche consacrée à l'après-coup : aucune technique DIMA.
  • Victimes récentes d'une escroquerie plausible
    Elles peuvent être sollicitées à nouveau, notamment par de faux services de récupération des fonds.
  • Personnes isolées après les faits plausible
    La honte pousse à se taire, ce qui prive de soutien et de conseils.
  • Victimes accueillies sans jugement plausible
    Un accueil qui ne blâme pas favorise le signalement et l'accès aux bons conseils.
Vieillissement et confiance
TE0332 Effet de simple expositionTE0422 Biais d'autorité
Familiarité et autorité apparente ; rapprochement partiel.
  • Personnes âgées isolées documenté
    L'isolement s'ajoute aux changements liés à l'âge dans les modèles de risque (Spreng et coll., 2016).
  • Déclin cognitif débutant documenté
    Il réduit la capacité à repérer une demande anormale, souvent sans que la personne en ait conscience.
  • Personnes âgées entourées, avec un tiers de confiance plausible
    Un proche consulté avant toute décision inhabituelle sert de second canal.
Plans si… alors et réévaluation
TE0424 Biais de raretéTE0414 FOMO
Contre-mesure : prépare une réponse aux leviers d'urgence et de peur de rater.
  • Personnes sans réponse préparée plausible
    Sous pression, sans plan, on improvise et l'urgence décide.
  • Personnes qui ont formulé un plan si… alors plausible
    La réponse préparée se déclenche dans la situation prévue (Gollwitzer et Sheeran, 2006).
Lire les résultats d'un exercice
Fiche méthodologique : aucune technique DIMA.
  • Exercices jugés sur le seul taux de clic plausible
    Le chiffre dépend autant du message choisi que de la vigilance des équipes.
  • Exercices qui comptent aussi signalements et fausses alertes documenté
    Sensibilité et critère se calculent séparément (Stanislaw et Todorov, 1999).
Concevoir un exercice qui mesure vraiment
Fiche méthodologique : aucune technique DIMA.
  • Exercices sans groupe de comparaison documenté
    L'écart avant-après mélange l'effet de la formation et tout ce qui a changé entre-temps (Shadish et coll., 2002).
  • Exercices tirés au sort et préparés à l'avance documenté
    Le tirage au sort rend les groupes comparables.
Éthique des exercices de simulation
Fiche de cadre : aucune technique DIMA.
  • Participants piégés sans débriefing plausible
    Ils retiennent l'humiliation plus que la leçon, et signalent moins ensuite.
  • Équipes informées du principe des exercices plausible
    Savoir que des exercices existent, sans en connaître la date, préserve la confiance.
Facteurs humains et erreur
Fiche de conception : aucune technique DIMA.
  • Organisations qui cherchent un coupable plausible
    Les erreurs y sont cachées, donc jamais corrigées.
  • Équipes chargées de règles nombreuses documenté
    Le budget de conformité s'épuise et les contournements se multiplient (Beautement et coll., 2008).
  • Organisations qui analysent les incidents sans blâme plausible
    Les incidents évités de justesse remontent et les défenses s'améliorent.
Niveaux de preuve
TE0222 Biais de confirmation
Le biais de confirmation fait retenir l'étude qui arrange ; rapprochement partiel.
  • Lecteurs pressés devant un chiffre spectaculaire plausible
    Un résultat frappant circule plus vite que sa réfutation.
  • Personnes formées à lire une étude plausible
    Trois questions simples (échantillon, réplication, financement) suffisent à repérer bien des exagérations.

Ces deux colonnes servent à se prémunir : savoir dans quelles situations on est plus exposé permet de renforcer ses défenses au bon moment (ralentir, vérifier par un second canal, demander un avis). « Plus sensibles » réunit des conditions cliniques pour lesquelles le mécanisme est documenté ou suspecté altéré, et des situations (surcharge, stress, isolement, habitudes) dans lesquelles le levier agit davantage. « Ce qui protège » réunit des pratiques et des profils associés à une moindre sensibilité ; quand aucun n'est établi, le tableau le dit. Ce sont des tendances de groupe, jamais un jugement sur une personne : un diagnostic ne dit pas qu'une personne est manipulable. L'usage légitime de ces associations est d'adapter les formations et les procédures et de protéger les publics fragiles, jamais de les cibler. Niveaux : documenté (littérature établie), plausible (appuyé indirectement), hypothèse (à tester).

Psychopathologies : protéger et renforcer la résilience

Avoir un trouble ne rend pas manipulable. Certains mécanismes décrits dans les fiches peuvent être touchés, chez certaines personnes et dans certaines situations. Pour chaque famille de troubles citée, voici ce qui protège et ce qui renforce la résilience. Ces mesures suivent un principe du Lexique IT : les protections les plus solides changent l'environnement ou la procédure, et ne demandent pas à la personne d'être plus vigilante.

Aucune de ces mesures ne suppose de connaître le diagnostic de quelqu'un : dans une organisation, elles s'appliquent à tous ; dans la vie privée, c'est la personne qui les choisit.

Quand une particularité protège. Il arrive qu'une particularité rende moins sensible à un biais précis : dans des études expérimentales, les adultes autistes sont moins déplacés par le cadrage (De Martino et coll., 2008) et un peu moins par une option leurre (Farmer et coll., 2017). Ces effets, mesurés sur de petits effectifs, ne protègent pas en général : les mêmes personnes déclarent plus souvent avoir été trompées pour donner de l'argent (Griffiths et coll., 2019). Ils suggèrent surtout une défense accessible à tous, à tester : reformuler une proposition dans l'autre cadrage, c'est-à-dire comparer plusieurs formulations du même fait, comme le propose la fiche Cadrage et agenda. À l'inverse, le « réalisme dépressif », souvent cité comme une lucidité des personnes déprimées, ne résiste pas aux réplications (voir Niveaux de preuve). Le filtre « Ce qui protège » du tableau ci-dessus réunit ces cas sous « Troubles et états de santé ».

Troubles neurocognitifs et lésions cérébrales acquises

Maladie d'Alzheimer et autres troubles neurocognitifs, démence fronto-temporale, syndromes amnésiques, lésions frontales ou de l'hémisphère droit.

Protéger
Un délai avant tout paiement important, des alertes et des plafonds bancaires que la personne choisit d'activer, une personne de confiance qu'elle désigne elle-même, et, en dernier recours, une mesure de protection juridique décidée par le juge, la moins contraignante possible, ou anticipée par la personne (mandat de protection future). Des procédures courtes, écrites et visibles, qui remplacent le souvenir par une aide externe.
Renforcer la résilience
Des routines répétées plutôt qu'une formation ponctuelle : dans les syndromes amnésiques, l'apprentissage procédural est souvent préservé. Des rappels fréquents, un apprentissage sans erreur, le lien social maintenu, et une information qui ne retire ni la dignité ni le droit de décider.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Déclin cognitif et vulnérabilité à la fraude, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

TDAH et syndromes dysexécutifs

Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, difficultés de planification et d'inhibition.

Protéger
Une friction volontaire sur toute action irréversible : confirmation explicite, délai ou double validation. Aucune opération sensible traitée en multitâche, des listes de contrôle courtes et moins de notifications non essentielles.
Renforcer la résilience
Des plans « si… alors » préparés à l'avance (« si c'est urgent, je rappelle »), puis répétés en exercice. Un poste de travail qui limite les interruptions au moment des décisions sensibles.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Contrôle exécutif : habitude contre supervision, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

Troubles anxieux et stress post-traumatique

Trouble anxieux généralisé, anxiété d'évaluation, trouble de stress post-traumatique.

Protéger
Le droit écrit de prendre le temps de vérifier et de faire remonter un doute sans reproche. Des flux d'information filtrés plutôt que bruts, une communication régulière et prévisible, et des exercices sans stress au-delà du réaliste, avec un arrêt possible à tout moment.
Renforcer la résilience
Apprendre à nommer la pression comme un signal (« je sens de l'urgence, donc je vérifie ») grâce à la réévaluation et aux plans « si… alors » issus des TCC. Un soutien après incident, sans reproche, et des exercices dont la mesure ne confond pas anxiété de test et manque de vigilance.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Plans « si… alors » et réévaluation : des outils des TCC contre la pression, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

Anxiété sociale et personnalité dépendante

Trouble d'anxiété sociale, trouble de la personnalité dépendante.

Protéger
Le droit de refuser et de rappeler, écrit dans la procédure et valable même face à un supérieur. Une phrase toute prête pour suspendre un échange (« je vérifie et je vous rappelle »), une règle claire sur les faveurs, et la consigne de ne rien confirmer sans vérification.
Renforcer la résilience
Répéter ces phrases en exercice jusqu'à ce qu'elles deviennent automatiques, valoriser publiquement les refus motivés, et proposer un accompagnement adapté si la personne le souhaite.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Obéissance et conformité : ce qui rend le refus possible, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.
Fiches concernées
Autorité usurpée, levier Réciprocité, levier Preuve sociale, Pretexting et canulars

Dépression

Épisode dépressif, avec ou sans apathie et perte d'initiative.

Protéger
Proposer, si la personne le souhaite, de prendre à deux les décisions importantes ; un délai avant tout engagement, et des aides externes (listes, rappels) quand la concentration baisse.
Renforcer la résilience
Des rappels espacés plutôt qu'une session unique, le soutien de l'entourage, un retour sans culpabilisation après une erreur, et l'orientation vers le soin quand c'est utile.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Décision, émotion et cortex préfrontal ventromédian, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

Épisodes maniaques ou hypomaniaques et addictions comportementales

Épisodes maniaques ou hypomaniaques d'un trouble bipolaire, jeu pathologique et autres addictions comportementales.

Protéger
Des plafonds et des délais bancaires, un tiers de confiance choisi par la personne pour les décisions financières inhabituelles, des pauses et des limites par défaut, et moins de notifications.
Renforcer la résilience
Convenir à l'avance, en période stable et à la demande de la personne, des garde-fous qu'elle souhaite voir appliquer pendant une phase difficile.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Vieillissement et confiance : un facteur de risque, pas une fatalité, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

Spectre psychotique et traits paranoïaques

Schizophrénie et troubles du spectre psychotique, idées de référence, traits de personnalité paranoïaque.

Protéger
Une communication claire, stable et cohérente, avec moins d'informations ambiguës. Des consignes explicites plutôt qu'implicites, et une vérification de l'identité par un canal indépendant plutôt que par l'interprétation des intentions.
Renforcer la résilience
Orienter vers un soutien adapté plutôt que démentir en bloc, s'appuyer sur des repères fixes et partagés, et construire les messages de prévention avec les personnes concernées, des pairs aidants et les soignants.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Saillance aberrante et traitement des signaux ambigus, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

Trouble du spectre de l'autisme

Différences dans la communication sociale, l'implicite et le traitement sensoriel.

Protéger
Des consignes écrites et explicites, et des vérifications qui ne reposent pas sur la lecture des intentions : rappeler sur un numéro connu, vérifier le rôle annoncé par un autre canal.
Renforcer la résilience
Une procédure claire protège sans dépendre du flair social. L'hypothèse de la double empathie (Milton, 2012) rappelle que la difficulté de compréhension est réciproque : les formations se conçoivent avec les personnes concernées.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Théorie de l'esprit et lecture des intentions, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

Troubles sensoriels, perceptifs et des apprentissages

Prosopagnosie, cécité et malvoyance, daltonisme, agnosies visuelles, héminégligence, dyslexie.

Protéger
Des vérifications qui ne reposent pas sur la vue : un code ou une question convenus à l'avance, un rappel sur un numéro connu. Des versions accessibles (texte, audio, lecteur d'écran), des couleurs lisibles par les personnes daltoniennes, et des exercices écrits sans chronomètre ou avec un temps adapté.
Renforcer la résilience
Associer ces personnes à la conception des procédures : une vérification pensée pour elles peut aussi servir à tout le monde.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Reconnaissance des visages et familiarité, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

Surcharge, épuisement et isolement

Des états ou des situations, pas des troubles : épuisement professionnel ou informationnel, isolement social marqué.

Protéger
Alléger la charge au moment des décisions sensibles, prévoir des relais et des temps de récupération, et limiter l'exposition aux flux bruts.
Renforcer la résilience
Garder le lien social, encourager l'entraide dans l'équipe, et rendre le signalement simple et remercié.
Tester la protection
Avec l'indicateur de la fiche Mémoire de travail et charge cognitive, mesuré sur la procédure, par un audit ou un exercice avec des volontaires informés, jamais en ciblant les personnes concernées.

Ces mesures reprennent les contre-mesures et les constats des fiches. Elles sont plausibles, mais rarement évaluées pour ces publics. Elles se construisent avec les personnes concernées, à leur demande, et avec les soignants quand c'est utile. Elles ne servent jamais à désigner, à écarter ou à surveiller quelqu'un. Après une escroquerie, voir la fiche Après l'escroquerie : honte, silence et revictimisation.

À consulter pour les définitions et les cas

  • ANSSI : guides et rapports sur l'hameçonnage et les menaces visant les organisations.
  • SGDSN et VIGINUM, son service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères : rapports publics sur les campagnes d'ingérence numérique.
  • IRSEM : études sur l'influence et la guerre cognitive.
  • MITRE ATT&CK : taxonomie de référence des techniques d'attaque, dont l'ingénierie sociale.
  • DISARM : cadre ouvert (licence CC BY-SA 4.0), maintenu par la DISARM Foundation, qui décrit les comportements des opérations d'influence.
  • Cybermalveillance.gouv.fr et 17Cyber : assistance officielle aux victimes de cybermalveillance et d'escroquerie en ligne.
  • Psycom : organisme public qui informe, oriente et sensibilise sur la santé mentale, utile pour parler des troubles sans les stigmatiser.

Projets

  • Correspondance DIMA : première version ci-dessus et sur la carte, à compléter avec les cas publics sourcés.
  • Cartographie de narratifs (open source) : outil d'analyse de sources ouvertes, en préparation.
  • Récit commun : outil ouvert pour construire des références partagées, en conception.